Bienvenue

Bienvenue
Embarquement immédiat pour un monde meilleur.

Et si c'était demain ?

Il y aura des jours meilleurs
Accompagnés de sourires le matin
Dans chaque wagon du train
Il y aura des jours meilleurs
Abreuvés de bonjour au petit matin
Pour commencer son labeur de bon entrain
Il y aura des jours meilleurs
Inondés de regards projetant l'espoir
Effaçant les angoisses du soir
Il y aura des jours meilleurs
Où les tornades se transformeront en sagesse
Et ôteront des c½urs meurtris peine et tristesse
Il y aura des jours meilleurs
Où retentiront les rires d'enfants jouant et dansant
Dans les cours, les rues, les champs
Il y aura des jours meilleurs
Autorisant les amoureux à se bécoter sur les bancs publics
Dans les jardins parsemés de fleurs aux parfums magiques
Il y aura des jours meilleurs
Où l'air deviendra doux et respirable
Et plus besoin de fuir ces villes devenues insupportables
Il y aura des jours meilleurs
Où main dans la main lancés dans une incomparable farandole
Offrant un bouquet final haut en couleur
Tous unis pour un monde meilleur
L'amour tout simplement prendra son envol
Il y aura des jours meilleurs
Et si c'était demain ?

Laurence MARTIN

# Posté le vendredi 20 mars 2009 19:21

Modifié le samedi 28 mars 2009 10:21

Le poète noyé

Le poète noyé
Le Jour ouvre la vie de sa paume d'orfèvre,
Large comme un canyon et striée de rivières,
Tandis que des branchages antiques sous le vent
Bruissent, puis brassent l'eau en filets de courant.

La robe qu'elle revêt met la rivière en fête,
Son long sarrau bleuté tout en velours de lune
Et tout en soie de vent piquetée de fleurs d'or
S'enroule sans un bruit : entendez l'eau qui dort...

Mais c'est le crépuscule que je préfère à tous :
Cet instant laminé où se perdent en corolles
Mille chaudes couleurs, des souvenirs créoles,
Des promesses exotiques sur l'eau illuminée...

Depuis le fond de l'eau, moi qui n'ai rien à faire,
Je contemple les cieux - ces monceaux de lumière
Qui me parviennent, à travers les vagues mouvantes.

Et je crains chaque fois, voyant venir l'aurore,
Qu'un bateau téméraire, toutes voiles dehors,
N'accroche mon cadavre et le remonte à l'air.

Moi, privé à jamais du spectacle éphémère
Des radieux phénomènes, brefs- oui ! Mais éternels...

Moi, l'oeil témoin, Moi, l'ancien garde des eaux,
Moi, privé du liquide linceul de mes os...

Plus qu'un bon vieux cadavre,
Plus que l'humus terreux...

Adieu.

Djahrian

# Posté le samedi 28 mars 2009 10:17

Modifié le vendredi 10 juillet 2009 05:18

Medusa

Medusa
She is the gypsy
Whose young have rooted
In the very flesh of her scalp.

Her eyes are drill-holes where
Your senses spin, and you are stone
Even as you stand before her.

She opens her lips to speak,
And have you believe.
She has more tongues to deceive

Than you can deafen your ears to.
If you could look away, the voices
From the heads of her vipers

Would be heard to argue.
If you could look away,
The pedestals of your feet might move.

If you could look away,
The song from the cathedral of her mouth
Would fall to the floor like a lie.

Frieda Hughes

# Posté le samedi 11 avril 2009 14:02

Dragon

Dragon
"Pour ravir un trésor, il a toujours fallu tuer le dragon qui le garde."

Jean Giraudoux

# Posté le dimanche 14 juin 2009 16:01

Les Nymphes

Les Nymphes
Toi, tu dois les aimer, les grands ciels de septembre,
Profonds, brûlants d'or vierge et trempés d'outremer.
Où dans leurs cheveux roux les naïades d'Henner
Tendent éperdument leur buste qui se cambre.

La saveur d'un fruit mûr et la chaleur de l'ambre
Vivent dans la souplesse et l'éclat de leur chair,
Et le désir de mordre est dans leur regard clair,
Dans l'étirement âpre et lassé de leur membre.

Leur prunelle verdâtre, où nagent assombris
Le reflet de la source et le bleu des iris,
A le calme accablant des lentes attirances.

On rêve des baisers qui seraient des souffrances,
Des hymens énervants et longs, les reins taris...
Ô nymphe, ô source antique aux froides transparences !

Jean Lorrain

# Posté le dimanche 14 juin 2009 16:05

Le château de l'espérance

Le château de l'espérance
Ta pâle chevelure ondoie
Parmi les parfums de ta peau
Comme folâtre un blanc drapeau
Dont la soie au soleil blondoie.

Las de battre dans les sanglots
L'air d'un tambour que l'eau défonce,
Mon coeur à son passé renonce
Et, déroulant ta tresse en flots,

Marche à l'assaut, monte, - ou roule ivre
Par des marais de sang, afin
De planter ce drapeau d'or fin
Sur ce sombre château de cuivre

- Où, larmoyant de nonchaloir,
L'Espérance rebrousse et lisse
Sans qu'un astre pâle jaillisse
La Nuit noire comme un chat noir.

Stéphane MALLARME

# Posté le jeudi 25 juin 2009 12:36

Modifié le vendredi 10 juillet 2009 05:20

Pandora

Pandora
Extraits

Début de l'oeuvre
Vous l'avez tous connue, ô mes amis ! la belle Pandora du théatre de Vienne. Elle vous a laissé sans doute, ainsi qu'à moi-même, de cruels et doux souvenirs !


Fin de l'oeuvre
Je n'ai revu la Pandora que l'année suivante, dans une froide capitale du Nord. sa voiture s'arrêta tout à coup au milieu de la grande place. Te voila encore, enchanteresse, m'écriai-je, et la boîte fatale qu'en as-tu fait ?.. Où as tu caché le feu du ciel que tu dérobas à Jupiter ?. Je ne voulus pas répondre Ö Jupiter ! quand finira mon supplice.

Gérard de Nerval

# Posté le vendredi 10 juillet 2009 05:54

A ma fille

A ma fille
O mon enfant, tu vois, je me soumets.
Fais comme moi : vis du monde éloignée ;
Heureuse ? non ; triomphante ? jamais.
-- Résignée ! --

Sois bonne et douce, et lève un front pieux.
Comme le jour dans les cieux met sa flamme,
Toi, mon enfant, dans l'azur de tes yeux
Mets ton âme !

Nul n'est heureux et nul n'est triomphant.
L'heure est pour tous une chose incomplète ;
L'heure est une ombre, et notre vie, enfant,
En est faite.

Oui, de leur sort tous les hommes sont las.
Pour être heureux, à tous, -- destin morose ! --
Tout a manqué. Tout, c'est-à-dire, hélas !
Peu de chose.

Ce peu de chose est ce que, pour sa part,
Dans l'univers chacun cherche et désire:
Un mot, un nom, un peu d'or, un regard,
Un sourire !

La gaîté manque au grand roi sans amours ;
La goutte d'eau manque au désert immense.
L'homme est un puits où le vide toujours
Recommence.

Vois ces penseurs que nous divinisons,
Vois ces héros dont les fronts nous dominent,
Noms dont toujours nos sombres horizons
S'illuminent !

Après avoir, comme fait un flambeau,
Ébloui tout de leurs rayons sans nombre,
Ils sont allés chercher dans le tombeau
Un peu d'ombre.

Le ciel, qui sait nos maux et nos douleurs,
Prend en pitié nos jours vains et sonores.
Chaque matin, il baigne de ses pleurs
Nos aurores.

Dieu nous éclaire, à chacun de nos pas,
Sur ce qu'il est et sur ce que nous sommes ;
Une loi sort des choses d'ici-bas,
Et des hommes !

Cette loi sainte, il faut s'y conformer.
Et la voici, toute âme y peut atteindre :
Ne rien haïr, mon enfant ; tout aimer,
Ou tout plaindre !

Victor Hugo

# Posté le vendredi 10 juillet 2009 06:03